Zone de Texte: Exposition de peinture de Pierre Brayard

Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !

Zone de Texte: Généralités sur l’art
Explications complémentaires
Zone de Texte: Ce site n’est pas exclusivement réservé à l’exposition de mes œuvres. A la demande de nombreux internautes soucieux de connaitre les particularités de ma technique, et aussi de jeunes « aspirants peintres », il m’appartenait d’apporter ce complément d’informations (sur différentes techniques) et des explications de nature à permettre à certains de réaliser leur rêve : « Peindre ». Je commence donc par un peu de théorie, qui sera par ailleurs très utile à ceux qui souhaitent participer aux cours qui sont diffusés dans la Galerie-atelier « Les Glycines » (Renseignements sur demande).

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La peinture à l'huile
Qu’est-ce que la technique en matière de peinture ?
Quelques termes techniques
Les techniques à base d’eau
Les techniques à l’huile
Les peintures à base de résines synthétiques

Qu'est-ce que l'Art ?
Définition : 
Savoir de quoi l’on parle est une chose importante… je commence donc par définir ce qu’est l’art : <<L’art est une activité humaine qui aboutit à la création d’œuvres. Cette activité en tant qu’elle s’exerce dans le domaine de la création plastique ou musicale. >> dit le dictionnaire.
Cette définition, pour être juste, n’est guère suffisante. Le mot art nous vient du latin "ars". Il se retrouve dans le provençal (art) ; dans l’espagnol et italien (arte). Le genre de "art" a varié dès les premiers temps de la langue : on le trouve, dans les plus vieux textes, tantôt féminin (ce qui est le genre étymologique), tantôt masculin ; il n'était pas encore fixé au 16ème siècle ; aujourd'hui, le masculin a prévalu.
L’art regroupe chacun des domaines dans lesquels les facultés créatrices de l’homme peuvent exprimer un idéal esthétique. Nous trouvons ainsi : l’art pictural, l’art dramatique : le théâtre, le septième art : le cinéma, les arts de l’espace (dessin, gravure, sculpture, architecture), opposés aux arts temporels (mime, poésie, musique, cinéma), les arts martiaux, l’art sacré, religieux, les arts de la paix, l'art oratoire, l'art de la parole, l'art musical. L'art militaire, l'art de la guerre, les principes de l'art grec, la logique est l'art de raisonner, posséder un art, selon les règles de l'art. Les hommes de l'art, parler avec art, sans art. Cet ouvrier est très habile dans son art, la plupart des espèces d'animaux, comme les abeilles, les araignées, les castors, ont chacun un art particulier, mais unique, et qui n'a pas parmi eux de premier inventeur ; les hommes possèdent une infinité d'arts différents, qui ne sont pas nés avec eux et dont la gloire leur appartient.
Le mot art sert aussi à désigner un ensemble d’œuvres caractéristiques d’une époque, d’une contrée, d’un style, par exemple l’art antique, l’art nègre ou l’art baroque.

L’art, dans certains cas, représente un ensemble de connaissances, de techniques nécessaires pour maîtriser une pratique donnée, tel que l’art du trait…
Nous trouvons aussi des expressions avec le mot art, telles que : la critique est aisée et l’art est difficile. Le grand art qui est l’art sacré, l’art hermétique. C’est le nom donné aux doctrines et pratiques des philosophes hermétiques qui cherchaient la pierre philosophale.
C'est un synonyme d'alchimie. Travailler dans les règles de l’art, c’est à dire en se conformant aux principes qui régissent l’activité exercée ; le mieux possible. Un homme de l’art, pour désigner une personne hautement qualifiée dans l’art, l’activité qu’il pratique. Cette expression désigne aussi parfois un médecin.
En périodes médiévales, nous trouvons les arts libéraux (toujours employé «arts» au pluriel dans ces expressions). Ces arts privilégient l’activité de l’esprit (par opposition aux arts mécaniques, qui font appel au travail manuel ou au travail des machines). Les sept arts libéraux des universités médiévales (la grammaire, la logique, la rhétorique, qui formaient le cours d’études appelé trivium ; l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie, qui composaient le quadrivium).
Actuellement, nous connaissons les arts industriels, dans lesquels les modes de production industriels interviennent au plus haut point. Arts ménagers, qui se rapportent à l’entretien d’une maison. Nous trouvons aussi les arts appliqués et les arts décoratifs.
L’art de nos jours, désigne aussi ce qui est l’œuvre de l’homme (par opposition aux créations de la nature).
Ce mot prend aussi la signification d’artifice, comme dans l’expression <<Il y a dans sa grâce plus d’art que de naturel. >>
Parfois encore, il prend le sens d’adresse, de talent : exemple <<L’art de plaire. >>
En règle générale, l’art c’est la manière de faire une chose selon certaines méthodes, selon certains procédés. Les maîtres de l'art, les plus habiles dans la matière dont il s'agit.
Les beaux-arts, quant à eux, concernent la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture, l'éloquence et la poésie avant tout, et, subsidiairement, la danse.

Les arts d'agrément sont le dessin, la musique et la danse considérés au point de vue de l'amusement.
Les Arts mécaniques sont ceux qui exigent surtout le travail de la main.
Le mot «art» est parfois utilisé par opposition à nature.
L’art est aussi l’adresse dans les moyens employés pour obtenir un résultat.
L’expression "arts plastiques", quoique très employée dans le vocabulaire usuel contemporain, est très imprécise. Dans son acception étroite, on peut l’opposer à l’expression "arts graphiques" et distinguer ainsi les arts du volume (sculpture et architecture) des arts de la surface (dessin, peinture, gravure).
Renversant le schéma de la critique traditionnelle qui, depuis la Renaissance, rassemblait les uns et les autres sous la bannière de l’arte del designo, l’usage quotidien (et la nomenclature du ministère de l’Éducation nationale) tend à définir comme arts plastiques tout ce que ne revendiquent ni les lettres, ni les sciences, ni la musique : activités que l’on n’ose dire manuelles, car elles sont réputées nobles, mais qui cependant impliquent une action directe du protagoniste sur un matériau quelconque.
Dessin, peinture, gravure et sculpture feraient donc partie de la catégorie "arts plastiques" ; l’urbanisme et l’architecture aussi peut-être, surtout au niveau des études préparatoires à toute réalisation ; mais le lien entre les arts plastiques et les artisanats d’art, d’une part, et la technologie, d’autre part, reste incertain.
Connaissant à présent ce que le mot art peut désigner et ses origines, c’est plus précisément l’origine de la peinture qu’il m’appartient de préciser.


La peinture à l'huile
Généralités
L’objet de ce site est avant tout la peinture à l'huile, il m’appartient donc d’approfondir ce sujet pour ne rien laisser dans l’ombre. Si dans mes informations la concernant je n’apporte rien de nouveau par un simple inventaire des connaissances communes, en revanche, dans cette première partie technique, je fais état de mes recherches personnelles et de ma technique qui permet de rivaliser dans tous les domaines avec l’ensemble des autres techniques picturales, notamment en vitesse de réalisation sur le terrain et en matière de transparence et de précision.
La peinture à l’huile consiste en une technique qui vise à créer une image sur une surface en appliquant sur celle-ci des couleurs à base d'huile. La peinture à l'huile apparut en Europe à la fin du Moyen Âge, où elle fut rapidement adoptée car, plus facile d'emploi, elle autorisait une plus grande variété d'effets que les techniques existantes à base de cire, comme la peinture à l'encaustique, ou à base d'eau, comme la tempera. Ce sont les Hollandais qui développèrent les couleurs à l’huile dès le 15ème siècle, en mélangeant les pigments avec de l’huile de lin.
Les pigments étaient broyés sur une table en marbre porphyrique jusqu’à l’obtention jusqu’à obtenir une peinture pâteuse, un peu crémeuse.
La peinture à l'huile se caractérise par un séchage (oxydation est plus correcte) relativement lent qui n'entraîne que peu d'altération des couleurs si ce n’est une mince pellicule grisâtre due à l’oxydation du liant, nettement visible sur les couleurs foncées, mais qui est facilement absorbée par une couche de vernis, les peintures retrouvant alors tout leur éclat… à condition d’effectuer une sélection rigoureuse des pigments utilisés. Par conséquent, il est aisé d'assortir les tons, de les mélanger ou de créer des dégradés ; il est également facile d'apporter des modifications à une œuvre.
La peinture à l'huile permet de magnifiques effets de couleur, de clair-obscur, de contraste … Mais la qualité des couleurs utilisées ne suffit pas, la manière dont l'artiste les applique, la technique utilisée est toute aussi importante ! Le choix des pigments, des liants, des aditifs éventuels, la manière dont la peinture est appliquée sur le support, le support lui-même préside à la stabilité des couleurs dans le temps, à la conservation de l'œuvre !
La peinture à l'huile se compose de pigments en poudre, mélangés à de l'huile séchant à l'air, ou plus exactement, c’est le liant (huile de lin) qui se durcit en s’oxydant, d’où la lenteur de siccativité. 
Pour accroître sa vitesse de siccativité, cette huile est généralement additionnée de produits siccatifs complémentaires (attention aux ajouts dérivés du plomb qui noircissent les pigments avec le temps).
Les pigments doivent être insolubles, chimiquement inertes, et ne pas se décolorer. On utilise habituellement de l'huile de lin, de pavot (huile d'œillette) ou de noix. 
Enfin, certains affirment que l'adjonction d'un vernis à peindre, comme le vernis Dammar, permettrait une meilleure homogénéité, tous les tests que j'ai réalisés n'ont pas été concluant sur ce point. 
Dans le passé, les artistes fabriquaient eux-mêmes leurs peintures. Depuis le 19ème siècle, les couleurs sont vendues dans des tubes pliables en étain.
Le support d'une peinture à l'huile est très important : en effet, si le papier permet une bonne conservation de l'œuvre, en milieu non humide seulement, une toile de lin, de coton ou de jute tendue sur un cadre ou marouflée (c'est-à-dire collée) sur du bois est un support commode, mais fragile ; un panneau de bois a tendance à gonfler, voire à fendre; enfin, la sauvegarde d'une fresque dépend de l'humidité du mur.
On enduit le support d'un apprêt, fine couche de plâtre ou à base d'un autre matériau gypseux additionné de colle. Cet apprêt a pour fonction de rendre le support moins absorbant ; il permet en outre d'obtenir une surface peinte régulière, ni trop rugueuse ni trop lisse. De couleur blanche, il s'étale en plusieurs couches régulières.
La peinture à l'huile comprend traditionnellement plusieurs étapes : ceci est valable pour la peinture "traditionnelle", non pour ma technique personnelle qui vise à un maximum de qualités et de spontanéité du travail (absence totale de dessin préalable par exemple, qui évite : perte de temps, danger d’altération des pigments qui le recouvriront, manque de spontanéité qui nuit à l’ensemble du travail, surtout dans les transparences). Tout d'abord, traditionnellement, le dessin est esquissé sur l'apprêt au crayon, au fusain ou à la peinture diluée à l'essence de térébenthine. Les différentes zones de couleur sont ensuite peintes légèrement, puis plusieurs fois reprises avec une peinture plus épaisse, dans laquelle on ajoute huile et vernis. La nature du support contribue grandement à la conservation des peintures.
Les pigments sont des éléments colorés qui ont été réduits en poudre puis mélangés avec un liant pour pouvoir être utilisés par l’artiste. C’est le résultat de ce mélange qui se caractérise par une substance pâteuse que l’on appelle peinture. La quantité du liant utilisé dépend de la nature des pigments et de la dimension de leurs particules de poudre, elle est dont très variable.
Des agents liants de faible qualité nuisent à la conservation des œuvres, en dépit de la qualité des pigments. Des connaissances approfondies de chimie pigmentaires sont donc indispensables à l’artiste sérieux, soucieux de la conservation de son travail, je fais état de ces connaissances dans les "compléments pédagogiques" de ce site.
La peinture à l’huile s'applique généralement avec des pinceaux en soies de porc ou en poils de blaireau ou de martre, plus souples. On peut aussi utiliser une spatule flexible, à large lame, appelée "couteau", ou peindre avec les doigts. Par ces techniques "traditionnelles" la réalisation de l'œuvre peut s'effectuer en quelques séances, ou nécessiter des mois, voire des années de travail. Après séchage, on vernit la peinture, pour la protéger des salissures et en rehausser les couleurs.
Si la pratique de la peinture à l'huile est ancienne, il fallut attendre le 15ème siècle et le peintre flamand Jan van Eyck pour qu'apparaisse une technique nouvelle, permettant un traitement plus facile, un rendu des couleurs plus lumineux et un risque d'embu (altération chimique de la surface peinte qui provoque des matités indésirables) moins important.
Van Eyck expérimenta cette technique, tout en conservant les conventions propres à la tempera, avec un dessin détaillé, exécuté sur un panneau badigeonné d'un enduit au plâtre, puis recouvert de plusieurs glacis transparents. En Italie, ce fut Antonello de Messine qui popularisa cette méthode, dont les peintres de la Renaissance mirent à profit toutes les ressources.
C'est aux Vénitiens que l'on doit le passage à la peinture sur toile, qui permettait de se rouler lors d'un déplacement. Ces artistes adoptèrent un style plus libre, caractérisé par des glacis à l'huile, sur un simple fond monochrome passé "a tempera".
Les artistes hollandais Rembrandt et Frans Hals et l'Espagnol Vélasquez orientèrent davantage leurs recherches vers l'empâtement.
Au 19ème siècle, les progrès de la chimie apportèrent de nouveaux pigments, aux couleurs vives et brillantes. Grâce à l'invention des tubes en fer-blanc, que l'on pouvait replier et qui supplantèrent les anciennes vessies, les artistes furent dès lors à même de peindre la nature hors de l'atelier.
Avec les nouveaux additifs artificiels qui permettaient de préserver la fraîcheur de la peinture, il devint plus facile d'employer la méthode de l'empâtement. Peindre un fond n'était plus une nécessité. Les impressionnistes français couvrirent ainsi leurs toiles de multitudes de petites touches de couleurs vives, posées directement sur la toile.
Si la peinture acrylique, plus facile à utiliser, a de nos jours la préférence de nombreux artistes en raison de sa facilité d’application (proche de l’aquarelle), la sensualité du médium et l'intérêt porté aux techniques traditionnelles permet à la peinture à l'huile de conserver tout son attrait.
Il convenait de dépasser la rapidité d’exécution propre à la peinture acrylique qui, bien que certains l’affirment (à des fins commerciales… peut-être), est encore loin de présenter les garanties de stabilités de la peinture à l’huile (en raison de l’importance des additifs liquides indispensables, sans lesquels la peinture deviendrait caoutchouteuse à l’intérieur des tubes, ce qui n’est pas le cas de la peinture à l’huile.)
Il fallait donc faire progresser les techniques du travail de l’huile en se servant de l’ensemble des connaissances scientifiques quant aux choix des pigments (une quinzaine de pigments de qualité réelle est amplement suffisant pour constituer la palette d’un artiste peintre professionnel) et trouver de nouvelles techniques de travail qui permettent une totale liberté de création tout en s’adaptant à la rapidité d’évolution de ce troisième millénaire.
C’est cette technique "révolutionnaire" qui m’a permis d’obtenir par deux fois le titre de "Champion du monde de Maîtrise d’art picturale", et à l’un de mes disciples, le Luxembourgeois Roby Diederich, de se classer 3ème à ce concours à Genève, que je vous explique dans le détail dans les pages de les parties "technique" de ce site.
En apportant la preuve, par ma technique, qu’il est possible de travailler à l’huile aussi rapidement qu’à l’aquarelle et l’acrylique, sans dessin préalable, avec un minimum de pigments, sans additifs complémentaires pour ne pas surcharger les pigments et les dénaturer avec le temps (jaunissement, brunissement, craquelures, etc.), avec une technique qui permet aussi bien les aplats que la haute précision (travail à voir à la loupe) dans n’importe quel style (figuratif, abstrait, etc.), l’Artiste Peintre peut enfin maîtriser son travail avec un minimum de contrainte… tout en réalisant des œuvres d’une qualité technique encore jamais égalée !
Je précise que les temps de siccativité restent longs, je m’interdis l’usage de tout additif siccatif (à base de plomb généralement) pour ne pas nuire à la qualité des pigments… mais une toile accrochée ne manque jamais de temps pour sécher !

Qu’est-ce que la technique en matière de peinture ?
Existe-il une technique de la peinture ? Oui, dans la mesure où l'on utilise certains types de matériaux associés dans un rapport exact d'interdépendance mais cette expression technique de la peinture peut prêter à confusion. En effet, elle désigne à la fois la pratique des matériaux utilisés et le savoir faire de l'artiste.
Le matériau, choisi ou subi, joue un rôle essentiel et, en fait, toute l'histoire de l'œuvre peinte se déroule à partir de cinq matériaux : un support, des pigments de couleur enrobés dans un liquide (liant ou médium) le plus souvent étendu grâce à un autre liquide plus fluide (le diluant ou véhicule) sur un enduit intermédiaire, entre le support et la couche picturale. Ces éléments sont les bases de toute opération picturale : La variation de l'un d'entre eux (le liant et le diluant surtout) pouvant entraîner une importante variation dans la technique.
Mais cette interdépendance des moyens est elle-même soumise à une hiérarchie interne ? C'est en effet le rapport du véhicule et du liant avec le support qui définit la technique de base, d'où les distinctions apportées par les procédés, ceux-ci pouvant être modifiés à leur tour par contamination . Ainsi, chez un même peintre occidental, la manière de peindre à l'aquarelle ou a tempera par aplats a pu conditionner sa propre technique à l'huile et réciproquement. Le pastel, de son côté, offre des exemples nombreux qui soulignent les rapports du dessin et de la peinture.
Ainsi, l'expression technique de la peinture prête souvent à confusion car elle désigne à la fois la pratique des matériaux utilisés et l’usage qui en est fait par l’artiste. La technique d’un peintre ne se limite pas au simple maniement de couleurs posées sur un support correspondant. La main animée par l'esprit demeure la conductrice traduisant les pulsions psychiques propres de l'artiste, ces pulsions sont comparables à celles qui président à l’aspect d’une écriture et qui sont le fondement même de la graphopsychologie scientifique.
Il est remarquable de constater qu'à côté de cet aspect de projection de la personnalité du peintre qu’il existe généralement un ensemble de conseils se rapportant à la direction mentale et spirituelle. Ainsi l'acte de peindre a été considéré comme devant être dominé par une vision intérieure et n'être dans son expression finale, dans certaines sectes bouddhiques, ce que certains des peintres abstraits contemporains ont voulu reprendre à leur compte jusque dans l'automatisme pictural auquel ils affirment, ou affirmaient, faire appel.
On ne peut pas pour autant exclure des contingences imposées par les moyens, leur usage est souvent régi par un choix délibéré au niveau de l'expression. Les moyens techniques déterminent une partie de la finalité de l'œuvre : l’artiste est toujours tributaire de la nature des supports, par exemple, les textures d’une toile grossière ou la finesse d’une toile de soie auront obligatoirement un effet différent sur l’œuvre terminée.
Le matériau choisi par l’artiste, ou subi dans de nombreux cas (en raison de contraintes budgétaires), joue donc un rôle très important, c’est ainsi que l'histoire de l'œuvre peinte se déroule à partir de cinq matériaux : le support, les pigments de couleur enrobés dans un liquide (liant, médium, etc.) le diluant sur un enduit, la couche intermédiaire entre le support et la couche picturale finale.
Le liant et le diluant sont les facteurs le plus importants pouvant entraîner une importante variation dans la technique.
Chez un même peintre, la manière de peindre à l'aquarelle ou a tempera par aplats peut conditionner sa technique à l'huile et réciproquement. Le pastel offre des exemples nombreux qui soulignent les rapports du dessin et de la peinture.
Le support (appelé aussi subjectile) peut être constitué aussi bien par une surface amovible (toile, papier, bois, etc.) que par un mur ou un plafond.
L'enduit joue un double rôle : protéger à la fois le support et la couche picturale des réactions chimiques défavorables et destructrices qui pourraient naître de leur contact réciproque. Sa surface sera plus ou moins lisse, selon l'aspect final qu'on voudra donner à la couche picturale. Pour mieux préparer les rapports de teintes à venir, on revêt parfois l'enduit d'une impression colorée. Ce mode de travail se rencontre le plus souvent dans les pratiques des anciens maîtres.
Quant à la couche picturale proprement dite, sa composition est plus ou moins complexe, faite de pigments de couleurs d'origine minérale, organique ou synthétique, qui doivent être très finement broyés. Ces pigments sont plus ou moins résistants à la lumière, à la pollution atmosphérique et aux mélanges avec d’autres pigments (facteur dit de miscibilité), présentent des indices de réfraction plus ou moins élevés par rapport à celui du liant (les couleurs sont dites très couvrantes si l'indice est élevé et transparentes dans le cas contraire.
L’indice de réfraction joue un rôle très important dans le corps du liant, ce liant étant le milieu privilégié de cheminement de la lumière. L’indice de réfraction varie selon sa densité et son épaisseur, sa charge en pigments et l'écart de position entre ceux-ci.
A chaque mode de travail (aquarelle et gouache, pastel, détrempe et tempera, techniques à l'huile, peintures à base de résines synthétiques, etc.) nous trouvons des techniques spécifiques très largement répandues et bien connues. En fait, de nos jours, avoir une technique personnelle est souvent souhaitable pour sortir de l’ombre, mais nous verrons qu’elle ne saurait suffire à l’artiste pour acquérir une certaine notoriété. Je traite de ces principales techniques tout au long de ces pages, tout en insistant, dans le détail, sur ma technique personnelle tout en précisant mes motivations et justifiant mes choix.

Quelques termes techniques
Quelques termes techniques utilisés par les peintres : 
L’aplat, en peinture
L’aplat est un terme qualifiant à la fois une manière de poser la couleur et une technique picturale : l’aplat (à plat) est la plus simple expression de la peinture, que représentent parfaitement les peintures antiques et les images d’Épinal. La forme délimitée par un contour constitue une surface que l’on remplit de couleurs différentes selon les parties à identifier. L’aplat met bien en valeur la réalité chromatique. C’est la raison pour laquelle tant de peintres y sont revenus lorsqu’ils voulaient s’affirmer contre une peinture de modelé et d’effet optique. C'est aussi la technique la plus simple et la plus facile à réaliser. Elle s'assimile volontiers au simple coloriage.
Série, en matière d’art
Lorsqu’on parle de série en art, on désigne soit un ensemble ordonné d’œuvres régies par un thème, support d’un problème plastique à résoudre, soit une multiplicité de figures plus ou moins équivalentes résultant d’un jeu combinatoire ou encore d’un traitement répétitif systématique. Donc, en premier lieu, il y a série chaque fois qu’un peintre exécute, à partir d’un modèle ou d’une même donnée formelle, une suite continue d’objets qui représentent dans leur succession un itinéraire progressif dans la recherche.
Les solvants
Le solvant, ou diluant, le plus commun des peintures à l'huile est la térébenthine - mélange d'hydrocarbures cycliques contenant dix atomes de carbone - ou un mélange d'hydrocarbures volatils dérivés de distillats du pétrole. Pour la plupart des liants synthétiques, le solvant utilisé est un alcool, une cétone ou un ester.
Vernis et laques
Les nombreuses modifications qui interviennent dans la composition et la préparation des vernis rendent leur classification difficile. Le vernis à l'alcool, par exemple, est une résine dissoute dans un solvant volatil ne contenant aucune huile siccative ; le vernis à l'asphalte est une solution d'asphalte qui produit un revêtement opaque, noir. Appliqué en mince pellicule, le vernis durcit en séchant.
Les laques
Les laques englobent certains vernis naturels et synthétiques, comme le vernis du Japon, issu de la résine d'un sumac japonais Rhus verniciflua. On ajoute parfois des pigments et des diluants. La matière qui en résulte s'applique en couche fine sur le bois, le métal ou la céramique. Une fois durcie, la laque est polie délicatement avec un abrasif, puis une autre couche est appliquée. Les laques commerciales utilisées pour peindre des objets métalliques sont souvent à base de nitrate ou d'acétate de cellulose.
Les procédés traditionnels de peinture
On accordera aux procédés traditionnels une très grande place, à cause de leur pérennité et de l’importance qu’ils revêtent à l’égard des techniques nouvelles. Il faut constater aussi qu’une classification est chose toute relative ; car, selon qu’on se réfère au véhicule ou au liant, l’appréciation diffère : aquarelle, gouache, détrempes, peintures vinyliques et acryliques sont des techniques à l’eau, comme la fresque ; mais elles s’en distinguent par la constitution de leur liant. De plus, aux deux groupes opposés (à l’eau et à l’huile) il faut ajouter celui des émulsions (combinaison de l’eau avec un corps gras, huile ou résine, grâce à l’œuf primitivement).

Les techniques à base d’eau

Dans plusieurs techniques, l’eau intervient comme véhicule (sauf dans la fresque où elle participe à un travail chimique particulier) ; un liant est donc nécessaire pour fixer les couleurs au support, et c’est sa quantité ou sa composition qui détermine la technique et la qualifie.
L’aquarelle
Le dictionnaire dit de l’aquarelle : Dessin au lavis et de plusieurs couleurs, espèce d'enluminure, à laquelle on emploie des couleurs transparentes et ayant le moins possible d'épaisseur. Une belle aquarelle. L'aquarelle est assez en usage pour peindre des fleurs, des oiseaux, de petits paysages.
En fait, l’aquarelle est une peinture dans laquelle les pigments sont délayés dans de l'eau. L'aquarelle se caractérise avant tout par sa transparence, le papier restant visible à travers les couleurs qui forment un effet de voile : cette spécificité la distingue de la peinture à l'huile, plus dense et plus opaque.
Selon l’étymologie du mot aquarelle vient de l’italien acquerello, détrempe, diminutif de acqua, eau.
L'aquarelle s'obtient en mélangeant un pigment sec en poudre à de la gomme arabique qui, tirée de certains acacias, se solidifie en s'évaporant. Le matériau solide se dilue dans l'eau, puis s'applique sur le papier à l'aide d'un pinceau à poils souples.
L'aquarelle est un procédé relativement moderne, mais diverses techniques proches, à base d'eau, ont été utilisées dans le passé, en particulier par les Égyptiens. Tout à fait appropriée à la peinture en plein air (son temps de séchage est très court), elle s'accordait au mieux à la sensibilité romantique.
D’abord simple accompagnement du dessin, en Occident, l’aquarelle est devenue, dès la fin du 18ème siècle en Angleterre, une expression autonome dont la liberté de facture a conditionné même l’évolution de la peinture à l’huile (particulièrement chez les néo-impressionnistes, les fauves et Cézanne).
Au 20ème siècle, l'aquarelle a joué un rôle relativement limité : elle fut, en général, éclipsée par deux techniques proches, plus brillantes et plus expressives : la gouache et l'acrylique.
Aujourd’hui, l’aquarelle, et la gouache, sont deux procédés de peinture à l’eau gommée – du type gomme arabique ou obtenue à partir de tout autre mucilage. Dans la première technique, le liant est en faible quantité ; dans la seconde, à la dose plus grande de liant on ajoute bien souvent d’autres ingrédients : ils opacifient la matière, limitant ainsi les effets possibles de transparence, alors que dans l’aquarelle ceux-ci jouent un rôle fondamental comme dans le lavis (eau étendue avec de l’encre).
La matière de l’aquarelle est donc très peu adhérente, légère, et permet de tirer des effets de la couleur du papier et de son grain. Aussi est-elle très vulnérable aux effets de la lumière et des agents atmosphériques ; sa conservation exige donc plusieurs précautions : verre ou enveloppe plastique, lumière tamisée. La faiblesse du liant, favorisant les différences d’effets optiques des pigments, l’emploi de nombreuses laques, transparentes et fragiles, ont incité les artistes à rectifier l’éclat de certaines couleurs, soit qu’on l’atténuât en rendant celles-ci plus moites avec de la glycérine ou du miel, soit qu’on l’accrût au contraire avec de l’aniline.
La matière de l’aquarelle a naturellement mené à une manière aquarelle exigeant une grande franchise, un travail direct – alla prima – presque sans repentir, encore que l’on fasse à notre époque intervenir différents moyens d’expression : jeu du pinceau à sec, tampon buvard, etc. Le choix du support conditionne le travail. Il faut utiliser du papier de chiffon, dont la texture de surface dépend de l’effet de matière recherché ; on obtient de beaux résultats avec des papiers de riz. Contrairement à ce qu'affirment volontiers certains aquarellistes, les retouches en aquarelles sont possibles... mais demande une grande maîtrise de cette technique. Présentant moins de difficultés techniques que la peinture à l'huile, elle est souvent conseillée, par les peintres "traditionnels", aux débutants pour acquérir un minimum de technique avant de passer à la peinture à l'huile. Nombreux sont aussi les peintres qui ne parviennent pas à dépasser la pratique du travail de la peinture à l'eau.
La gouache
La gouache quant à elle est opaque, les pigments étant dilués dans un mélange d’eau, de gomme et de blanc. Cependant, la distinction entre les deux procédés n’est vraiment pas définie, en France du moins, que dans les années 1760, à travers L’Encyclopédie. La technique de la gouache, contrairement à celle de l'aquarelle, n'utilise pas l'effet de transparence pour l'éclaircissement des tons, mais recourt presque uniquement à l'usage des blancs.
Pour le dictionnaire, la gouache est une sorte de peinture pour laquelle on emploie des couleurs délayées avec de l'eau et de la gomme, que l'on rend assez pâteuses avec du miel ou autrement, pour supporter non seulement les laques, mais encore les terres ; ce qui la distingue de l'aquarelle. Dans la gouache les couleurs sont couchées à plat, en traînant le pinceau comme pour peindre ou laver.
De tradition antique, la gouache est devenue par excellence la peinture des manuscrits, surtout à partir du 13ème siècle, où l'on recherchait une beauté de matière en rapport avec la franchise du ton. Comme la tempera, dont elle est très proche, la gouache impose un certain nombre de règles d'exécution. Elle doit être traitée avec décision. Il est souvent préférable de partir de tons clairs à cause de leur renforcement ou de leur obscurcissement.
À la Renaissance, les artistes allemands utilisent fréquemment l’aquarelle, parfois associée à la gouache, principalement dans la nature morte et le paysage, mais aussi dans le portrait, les projets de décorations peintes pour les façades de maisons, de vitraux et d’objets d’art décoratifs.
Très vivante au 18ème siècle en Italie, notamment chez les védutistes vénitiens, la vogue de la gouache et de l’aquarelle se développe en France surtout sous Louis XVI, où d’ailleurs les aquarellistes entrent officiellement à l’Académie royale : croquis de reportage et scènes.
La gouache, en art, est donc une technique de peinture à la détrempe dont les couleurs sont obtenues à partir de pigments opaques d'abord broyés à l'eau et mêlés, entre autres, à de la gomme. De substance plus épaisse que l'aquarelle, d'une luminosité moins subtile, la gouache permet cependant des rendus transparents et légers. Avec la gouache, il est possible de superposer les couleurs, comme dans les techniques de la peinture à l'huile, et d'obtenir des effets opaques et pâteux.
Les couleurs de la gouache ayant tendance à s'éclaircir en séchant, cette technique permet une grande variété d'effets pastel ou perlés.
Le mot gouache est dérivé de l'italien guazzo (synonyme de très mouillé), qui désigne une variété de détrempe à base d'eau, de gomme arabique fondue à chaud et de glycérine.
La gouache, qui reste un genre mineur, est souvent utilisée pour les études préparatoires, les notations d'études, les projets d'architectes et de cartonniers de tapisserie.
Depuis qu'il existe de nouvelles peintures de résines synthétiques, on a baptisé du nom de gouache des émulsions au vinyle dont l'effet de matité est effectivement très proche de celle-là. Comme la tempera, dont elle est très proche, la gouache impose un certain nombre de règles d’exécution. Elle doit être traitée avec décision, mais il faut éviter de mêler les teintes encore humides et pour cela on laisse sécher la première couche dont l’intensité diminue aussitôt. Il est donc préférable de partir de tons clairs à cause de leur renforcement, ou de leur obscurcissement.
Depuis qu’il existe de nouvelles peintures de résines synthétiques, on a baptisé du nom de gouache des émulsions au vinyle dont l’effet de matité est effectivement très proche de celle-là.
On peut donc dire que la gouache est une variété d’aquarelle, plus mate, plus dense, qui a tendance à "baisser de ton" quand elle sèche. Pour éclaircir les couleurs, on leur ajoute du blanc, à la différence de l’aquarelle qui joue, par transparence, avec le blanc du papier. La gouache est aussi déjà une détrempe à cause de la complexité de certains liants. Au Moyen Âge, les recettes de gouache pour les manuscrits comportaient du blanc d’œuf, du fiel, du vinaigre, du sucre candi, etc. Aujourd’hui, en plus des anciennes recettes, où apparaissent aussi de la dextrine, de la glycérine (pour lutter contre la moisissure), on en prépare d’autres à base de produits de synthèse fabriqué entre autre avec de la cellulose.
Simple petite précision, s'il est possible avec de la peinture à l'huile de donner à son travail l'aspect de l'aquarelle en affadissant les couleurs, l'aquarelle et la gouache, n'auront jamais la puissance et la vivacité des couleurs rendues par la peinture à l'huile.
Le pastel
Pour le dictionnaire, le pastel est un bâtonnet fait d’une pâte colorée solidifiée (à base d’argile blanche et de gomme arabique ou de gomme adragante). Le pastel est donc un petit bâton de minerai tendre utilisé pour dessiner ou pour écrire. L’étymologie du mot pastel : Ce mon vient de l’italien pastello, ou pasta (pâte), qui lui-même vient du latin pastillus qui signifie petit gâteau.
Les crayons naturels sont la pierre noire, la craie et la sanguine. Lorsqu'un artiste les utilise dans un même dessin, on appelle celui-ci "dessin aux trois crayons".
Les crayons artificiels comme le pastel, les crayons de couleur ou le crayon lithographique sont obtenus à partir d'une substance métallique ou terreuse mélangée à de la cire, de la colle ou de la gomme arabique.
Ainsi, le pastel, en terme d’art, est le nom donné à des crayons composés de différentes couleurs broyées et réduites en pâte avec de l'eau de gomme. "Peindre en pastel", c'est peindre avec ces couleurs, qu'on mêle suivant les diverses teintes qu'on veut faire.
Dans la peinture au pastel, les crayons font l'office des pinceaux ; le nom de pastel qu'on a donné à cette sorte de "peinture", vient de ce que les crayons dont on se sert sont faits avec des pâtes de différentes couleurs.
Intermédiaire entre la peinture et le dessin, le pastel, peinture à sec, représente un genre assez à part, mais proche, à l’origine, de cette technique d’accompagnement qu’on a pu longtemps confier à l’aquarelle.
Poudre de couleur solidifiée, le pastel se présente sous la forme de bâtonnets de section ronde ou carrée. Cette peinture-dessin, d’un usage plus récent que celui des peintures humides, a pourtant de très lointains ancêtres dans les traces de couleur rouge faites à l’aide de morceau de terre ferrugineuse à l’époque paléolithique. Son emploi traditionnel, spécifique, ne semble pourtant pas remonter au-delà du 15ème siècle, à partir du moment où, comme pour le fusain ou la sanguine, on réussit, plus ou moins bien, à le fixer.
Léonard de Vinci en aurait appris le procédé du Français Jean Perréal (cire, céruse et couleur). Mais le pastel ne s’est imposé que lentement, apparaissant au début, en Italie, comme un dérivé des pratiques de la sanguine et de ses fabrications, plus proche toutefois de l’existence d’une tache de peinture solidifiée, telle que pouvait la découvrir un peintre sur sa palette. Il n’y aurait pas, en effet, de pastel sans un liant, un agglutinant chargé d’agglomérer les pigments de couleur, à la différence des sanguines taillées au début dans la roche d’origine.
Tout au long des siècles, diverses techniques de fabrication ont été utilisées, tels le broyage à l’eau gommée (parfois avec du miel), l’usage du talc ou de kaolin pour la solidification et dont le pourcentage est défini par le degré de dureté que l’on veut atteindre : crayons-pastels durs, demi-durs, tendres, qui permettent d’aller du trait incisif à la matière écrasée, proche de celle de certains types de fusains ou de sanguines.
L’usage du pastel a dépendu essentiellement de l’existence d’un subjectile légèrement rugueux, nécessaire pour accrocher sa matière. Cette technique s’est donc développée parallèlement à la fabrication des papiers de chiffons, dont on use de plus en plus à partir du 15ème siècle, mais aussi et surtout des papiers teints, qui permettaient de mettre immédiatement en valeur la couleur déposée.
Travail en hachures ou en écrasements, jeu de superposition de toutes sortes sur des papiers spéciaux, dont certains feutres ou autres velours, achèvent de conférer à la technique du pastel une physionomie qui la détache nettement du dessin ou du rôle d’esquisse préparatoire. Pourtant la mécanique de la main maintient, dans tous les cas, un lien permanent avec l’esprit du dessin.
Le 20ème siècle se proposera, dès lors, la création de pastels à l’huile, pour assurer plus d’adhésivité et plus de solidité dans les tons, car la matière du pastel primitif est très fragile (danger de moisissement), bien que la qualité colorante en soit remarquable. Aussi doit-on multiplier les moyens de protection (fixatifs et sous-verre), qui ne permettent pas toujours d’apprécier la beauté des pastels.
Détrempe et tempera
Il existe une équivoque dans l’emploi des mots détrempe et tempera. Détremper (temperare, en italien) une couleur signifie, à proprement parler, mêler les pigments de celle-ci à un liquide qui permette son usage. Mais au cours du 19ème siècle, en France, on a pris très souvent l’habitude de qualifier de tempera une détrempe plus complexe contenant de l’œuf.
En règle générale, les détrempes sont des peintures à l’eau, comportant dans le cas le plus simple un liant à la colle ou, selon des formules plus savantes, de l’œuf et, par son intermédiaire, des résines et même de l’huile en émulsion. Dès le Moyen Âge, comme aujourd’hui, une fois le travail terminé, on passait sur l’ensemble de la peinture un vernis, dont certaines recettes anciennes (confirmées par des analyses de laboratoire de restauration) étaient faites à partir d’huile cuite, de résines diverses, ce qui leur donne un faux air de peinture à l’huile.
Avec toutes ces détrempes, on peignait sur n’importe quel support : panneau de bois, mur, puis toile mince tendue sur châssis, et, naturellement, peau et papiers. Parmi toutes les préparations d’enduits, il faut citer plus particulièrement celles qu’on appliquait sur les panneaux de bois : des couches de colle douce mêlée à du plâtre, le tout soigneusement poncé, ou une toile de lin très fine noyée dans la même préparation, de manière à limiter les effets désastreux du craquellement du bois. Ce gessoduro (plâtre dur, en italien) était quelquefois recouvert d’une couche de colle, ou même de vernis, préfigurant ainsi les enduits qu’on devait utiliser par la suite pour la peinture à l’huile.
La tempera ne permettait guère de travailler autrement que par superposition des couches avec peu d’effet de transparence. On répétait souvent certains procédés pour certaines formes : par exemple hachures de couleur claire dans les ombres pour obtenir des effets de demi-teinte. On ne pouvait guère modeler dans le frais à cause du temps de séchage trop rapide ; par contre, les vernis de surface mettaient un temps considérable à sécher. Autant de raisons qui allaient faciliter l’adoption d’une nouvelle technique à l’huile, issue d’ailleurs des expérimentations des peintres de tempera.
Pourtant la tempera permettait d’obtenir des couleurs d’une grande qualité, à tel point que certains peintres "abstraits modernes" n’ont pas hésité à revenir à ce procédé. Il faut remarquer, enfin, que d’innombrables peintures murales ont été faites a tempera, selon des pratiques très différentes.
Peinture à la fresque
Le procédé de la fresque a été mondialement pratiqué depuis les temps antiques, de l’Extrême-Orient jusqu’à l’Amérique précolombienne. Art essentiellement monumental, il est lié à l’exécution de grands programmes architecturaux : d’où la confusion fréquente entre fresque et peinture murale. Ne qualifie-t-on pas de fresque toute peinture pariétale sur roc de l’époque paléolithique ! Pour avoir un exposé technique complet, on se reportera à l’article FRESQUE.

Les techniques à l’huile

À partir du 15ème siècle, on a préféré l’huile à toutes les recettes antérieures. Cette technique, en effet, répondait mieux aux nouvelles conceptions picturales et elle permettait d’associer d’une manière plus douce deux tonalités voisines, surtout dans le cas des effets de clair-obscur. Cette fusion entre couleurs participait aussi à cette unité spatiale que de nombreux peintres recherchaient.
Les frères Van Eyck en furent, prétendent certains, les inventeurs. Il s’agit, en fait, d’un nouveau procédé de peinture à l’huile ; car il y avait déjà longtemps qu’on utilisait l’huile en peinture, mais en la mélangeant à d’autres ingrédients, surtout pour en faire du vernis de protection. Elle séchait trop lentement et, sans doute aussi, son emploi répondait-il mal aux anciennes conceptions picturales, parce que l’on ne savait sans doute pas quel effet tirer de la translucidité.
Il semble que tout ait changé à partir du moment où l’on a pu combiner l’huile cuite avec un diluant plus fluide : eau d’abord, en émulsion avec l’œuf, puis une essence volatile. Ainsi a-t-on réussi à se rendre maître d’un procédé qui apportait à la peinture une dimension nouvelle, grâce aux effets désormais possibles de superposition translucide, de richesse de la matière. En alliant cette découverte aux pratiques antérieures de la tempera, les artistes flamands mirent en valeur une technique du glacis (couleur délayée dans une quantité plus grande de liant et appliquée au-dessus d’une autre, préalablement isolée grâce au nouveau type de liant). Ainsi, en superposant des couleurs différentes, obtenait-on par mélange optique une nouvelle couleur, et plusieurs couches de rouge pâle, par exemple, donnaient un rouge profond de haute intensité. L’Europe entière allait en tirer, pendant près de trois siècles, de remarquables conclusions pour sa peinture.
La matière picturale a donc pris, grâce à la pratique de l’huile, une signification nouvelle. À partir de pratiques flamandes, Léonard de Vinci et bien d’autres artistes ont donné à la préparation des dessous et dessus une valeur nouvelle, qui contribue à créer l’atmosphère du tableau : c’est le sfumato, véritable lavis à base d’huile et d’essence, que le 19ème siècle a interprété académiquement. Dès lors, on prit surtout l’habitude de donner une assise solide aux couches picturales, assurant du même coup une unité ombre-lumière, en rapport avec l’évolution du dessin.
Mais l’importance prise par la facture au niveau de la matière apparaissait, grâce à l’huile, d’une façon toute nouvelle. Au 20ème siècle, la peinture abstraite en tire les conséquences les plus logiques.
La pratique de l’huile présentait toutefois certains inconvénients, que le temps devait particulièrement mettre en valeur. Outre la dangereuse complication de certaines recettes, l’huile en vieillissant jaunit ; parfois l’oxydation de la pellicule superficielle provoque une modification importante des tonalités d’origine. Il faut y ajouter les accidents dus aux modifications de la tension de la toile. Car la diffusion de la nouvelle technique correspond à celle d’un nouveau subjectile : à partir du début du 16ème siècle, la toile tendue sur châssis est de plus en plus utilisée ; elle représente une commodité nouvelle du fait qu’on peut la rouler, ce qui facilite le transport des œuvres de grande dimension. La toile permet également, selon son tissage, des effets de matière : accrocher la couleur, suggérer des épaisseurs nécessaires pour bien couvrir. En revanche, il fallut diminuer l’importance de l’enduit, ce qui entraînait des accidents, car l’huile quand elle s’infiltre brûle la toile et forme en surface des embus – la partie superficielle de la peinture perdant de son éclat à cause de la disparition de l’huile vers les couches plus profondes, si rien ne s’oppose à son infiltration.
Les mêmes problèmes se sont aussi posés pour la peinture à l’huile sur mur : ici, l’enduit à base de plâtre doit être assaini par un badigeon préalable à l’huile chaude.
Enfin, on n’insistera jamais assez sur deux difficultés inhérentes à la technique nouvelle : ou bien on assure à la couche picturale une certaine protection en surface en utilisant un vernis, qui a tendance à jaunir et à se craqueler à la longue ; ou bien, la peinture étant elle-même à base de vernis, la détérioration de sa partie superficielle entraîne également la disparition des pigments en suspension, comme dans le cas des glacis. On connaît le résultat désastreux de certaines restaurations faites dans l’ignorance des techniques anciennes sans même parler du problème des vernis colorés.
Au cours du 19ème siècle, l’usage abusif de l’huile crue, lié au broyage mécanique des pigments, a posé de nouveaux problèmes que la chimie moderne a tenté de résoudre d’après l’étude des liants anciens. Des media, parfois excellents, sont nés d’hypothèses formulées d’après la ressemblance de leur effet avec celui de certaines peintures d’autrefois. Reprenant l’exemple de certaines techniques antérieures, on a aussi amélioré quelques types de tempera et préparé de nouveaux enduits, grâce à la cellulose. On a également donné plus de qualité aux couleurs à l’huile par l’adjonction de produits nouveaux, mais sans pourtant toucher au système de standardisation de la mise en tubes de la couleur (depuis 1840).
Pour plus de précision, la peinture à l'huile se compose de pigments en poudre, mélangés à de l'huile s’oxydant (séchant) à l'air. Cette huile est généralement additionnée de produits siccatifs complémentaires, mais il est préférable de les éviter. Les pigments doivent être insolubles, chimiquement inertes, et ne pas se décolorer. On utilise habituellement de l'huile de lin, de pavot (huile d'œillette) ou de noix. Enfin, l'adjonction d'un vernis à peindre, comme le vernis Dammar, permet une meilleure homogénéité. Depuis le 19ème siècle, les couleurs sont vendues dans des tubes pliables en étain.
Dans la pratique des anciennes techniques, le dessin est esquissé sur l'apprêt au crayon, au fusain ou à la peinture diluée à l'essence de térébenthine, mais pour œuvre d’excellente qualité, le dessin préalable est vivement déconseillé pour des raisons que nous verrons en traitant en profondeur de l’impressionnisme moderne, un mode d’expression particulièrement spontané avec une technique révolutionnaire.
Après séchage (un an au minimum), on vernit la peinture, pour la protéger des salissures et en rehausser les couleurs.

Les peintures à base de résines synthétiques

C’est un peu pour toutes ces raisons que la chimie moderne s’est proposée d’offrir aux peintres des couleurs plus pures grâce à leur association avec un liant incolore, stable ; ce liant peut constituer aussi un médium de dilution, auquel on ajoute simplement de l’eau si on veut l’étendre davantage. Tel est le principe qui régit l’usage des peintures vinyliques, acryliques et alkydes, composées également sur la base de l’émulsion. 
Les premières sont moins résistantes à l’extérieur que les secondes, qui sont aussi solides que les peintures glycérophtaliques. Mais cet usage répond aussi à un vieux désir d’obtenir des couleurs pures, inaltérables, dont les recherches industrielles permettaient désormais la fabrication. Le développement de la publicité, la révolution artistique en faveur d’un art minimal – influencé lui-même par la peinture industrielle –, l’esthétique pop ont fortement orienté ce goût.
Les peintures acryliques sont des polymères et copolymères des acides acryliques, méthacryliques, et de leurs dérivés.
Les peintures acryliques sont à base d’émulsions aqueuses de résines acryliques contenant des pigments. Elles ont une très grande élasticité et des caractéristiques de brillance assez proches de celles de la peinture à l’huile, qui peuvent être estompées par adjonction de médiums. Il est cependant certain que la grande quantité de liants et de matériaux de complément nécessaires à leur fabrication altère considérablement l’intensité des couleurs (souvent plus proche du pastel que de l’huile).
Les peintures acryliques furent utilisées pour la première fois par les Anglo-Saxons dans les années 1960. Elles présentent de nombreux avantages : elles sèchent rapidement sans changer de couleur et ne jaunissent pas en vieillissant. Selon les pigments utilisés, elles sont couvrantes, semi-transparentes ou transparentes : elles permettent d’obtenir des teintes très nuancées, des couleurs très pures et inaltérables.
Les peintures vinyliques et acryliques sont nées de l’usage de résines de synthèse, thermoplastiques – qui donnent d’excellents vernis incolores. Leur emploi en émulsion avec l’eau ramène curieusement à la technique de la tempera, et même, selon la quantité d’eau utilisée, tend à se rapprocher d’une manière aquarellée. Les molécules d’acrylates permettent surtout d’obtenir une pellicule solide, quoique souple, qui donne aux couleurs leur éclat, surtout dans la mesure où celles-ci sont des produits de synthèse récents. La quantité d’eau règle la matité, tandis que l’importance relative du médium assure l’éclat. Mais ce type de peinture a aussi l’avantage de permettre des superpositions faciles grâce à la résine qu’elle contient et à un temps de séchage très rapide : ce qui pourrait constituer un inconvénient, si la présence de l’eau étendue au préalable ou l’usage d’un ralentisseur ne permettaient pas de corriger cette tendance. Ces peintures peuvent, en outre, être posées sur de nombreux supports difficiles, comme le béton, les ciments. En revanche, il ne faut pas employer de toiles recouvertes d’un enduit gras ; il vaut mieux peindre directement, la peinture constituant par elle-même un enduit protecteur également très souple : la toile ne casse plus après un tel revêtement. Enfin, grâce à son adhésivité très forte, la peinture acrylique permet l’intégration de corps hétérogènes, comme le sable, divers graviers, de la poussière de marbre, de la fibre de verre, etc.
L’invention de ce genre de peinture a fortement contribué au développement d’une peinture aux teintes claires mais vives, particulièrement aux États-Unis.

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